De la vigne sur l’île de Ré? Cela vous surprendra peut-être, mais 60 vignerons exploitent 650 hectares de vignes sur un territoire long de 30km et produisent vin, cognac et pineau.

Reliée à La Rochelle par un pont de trois kilomètres, l’île de Ré offre une superficie de 85 km2, soit un peu plus de la moitié de la région bruxelloise. Si le sel, la pomme de terre, les huîtres et les moules font la renommée de l’île, la vigne est aussi une des richesses locales. Ré comptait même 2000 hectares de vignes en 1950, mais l’urbanisation croissante les a réduits à 650 aujourd’hui ! Les soixante vignerons encore actifs sont tous réunis au sein d’une unique coopérative, Uniré, créée pour mutualiser l’outil sur un si petit territoire.

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Destination touristique par excellence, l’île de Ré jouit de la double influence de l’Océan et du Gulfstream; elle est surtout la troisième région la plus ensoleillée de France après le Sud-Est et la Corse ! “Ici, nous ne craignons pas le gel ou la grêle, explique Etienne Blanchon, œnologue de la coopérative, mais bien les vents salés qui, au printemps et à l’automne, viennent brûler les feuilles des vignes. Le sable n’est ici que superficiel, il recouvre une couche argilo-calcaire propice à la vigne. Nos vignobles sont répartis sur toute l’île, nous avons créé quinze marques pour mettre chaque terroir en valeur”. Mais la coopérative ne fait pas que du vin: sur les 35.000 hectolitres produits chaque année, 22.000 sont destinés à la production de cognac (dont une partie en collaboration avec Camus) et de pineau des Charentes (du jus de raisin muté avec 25% de cognac).

Les cépages plantés sont ici le Sauvignon, le Chardonnay et le Colombard en blanc, le Merlot, les deux Cabernets et la Négrette en rouge. Le rosé représente la moitié de la production, devant le blanc (y compris les bulles) et le rouge, le tout étant vendu sous le label “IGP Charentais” doté de la mention “Île de Ré”. Les vins sont mis sur le marché entre 3,85 et 5,90€, avec une cuvée premium “Ultimium”, 100% Cabernet sauvignon, élevée en fût de chêne, à 11,95€. Mais impossible de trouver ces vins en Belgique, à moins de les commander sur le site web de la coopérative, car 80% des vins et liqueurs ne quittent pas l’île (la moitié est achetée au siège de la coopérative), les 20% restants sont vendus à La Rochelle et dans le reste du département.

Vers le bio

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Carole Pardell, une des seules viticultrices de l’île

Récemment, la coopérative s’est lancée dans la production de vin bio poussée par un groupe de jeunes vignerons, comprenez 30-40 ans, dont fait partie Carole Pardell qui a développé un nouveau rosé, ‘L’Azuré’. “Lorsque j’ai repris les vignes il y a dix ans, se rappelle-t-elle, on utilisait une bâche au pied des vignes pour réduire l’usage des herbicides, mais cette pratique a été abandonnée au profit de la technique dite de confusion sexuelle qui a été adoptée sur 80% du vignoble. Sans transmission héréditaire, il est difficile pour les jeunes de détenir un vignoble, il faut donc le louer.

J’exploite ainsi 22 hectares qui appartiennent à 32 propriétaires différents, mais ce sont mes propres pieds de vigne. Planter un hectare revient environ à 15.000 euros, mais avec les aides de l’Etat, on y arrive. Après plusieurs années de fermage, un coopérateur peut souvent devenir propriétaire de la parcelle qu’il loue. Nous avons besoin de jeunes pour redévelopper notre vignoble, dites aux jeunes Belges de venir s’installer chez nous, il est possible de se créer un bon revenu  et c’est un métier passionnant!” Message transmis!

Article paru le 6/8 dans la Dernière Heure à ma signature

Le chai de vieillissement du cognac à la coopérative

Le chai de vieillissement du cognac à la coopérative

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