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Chardonnay et Pinot noir: la volonté du nouveau Clos d’Argenteuil est clairement de produire des vins effervescents.
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Situé à Ohain, une des cinq entités de Lasne, un nouveau vignoble de deux hectares a été planté en mai dernier. Il est le fruit d’une collaboration originale entre un agriculteur, Hervé Vanden Waeyenberg, sa maman Edith Georges, et une famille d’amateurs, Michel Bulteel, son fils Martin et son épouse Monique.

Présente sur ces terres depuis 1890, la “Ferme du Grand Chêne” a été une des plus importantes exploitations laitières du Brabant wallon. Plus de 600.000 litres de lait ont longtemps été produits chaque année, avec un large cheptel de vaches Holstein que la famille fut première à importer du Canada.

En 1997, quelques années après le décès de son père et la poursuite de l’exploitation par sa mère, Hervé Vanden Waeyenberg reprend la ferme mais renonce à l’élevage bovin pour se concentrer sur les cultures (céréales, pommes de terre, betteraves principalement).

Les bâtiments de ferme n’étant plus utilisés, ceux-ci étant construit en béton et ne revêtant aucun caractère esthétique, hormis le corps de logis qui fut maintenu et restauré, il est décidé de les raser et de transformer le terrain en un vaste lotissement de huit maisons dont la réalisation prendra plusieurs années, de 2005 à 2011. A l’endroit de l’ancienne étable à veaux est située aujourd’hui l’habitation du propriétaire, avec vue sur le vignoble à la place de la prairie.

En juin dernier – © Vanel et début août en haut – © Michel Bulteel

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Du jardin au vignoble

Proche voisin du Clos d’Argenteuil, Michel Bulteel est ingénieur agronome. Il bosse depuis 32 ans comme responsable commercial chez Lhoist, leader mondial dans la production de chaux, pour les marchés agricoles et industriels. En 2015, il crée avec son fils Martin, qui a alors à peine 19 ans, la société Ortipro spécialisée dans l’entretien de jardins dont l’un des premiers clients fut… la famille Vanden Waeyenberg. La connexion se met doucement en place.

Passionné de viticulture, Michel a une trentaine de pieds de vigne dans son jardin à Waterloo, et comme beaucoup de passionnés, il aimerait un jour avoir une plantation “quelque part”, mais faire du vin n’est pas une mince affaire.

“Cela s’est fait en deux temps, explique Michel. Quand je suis venu ici pour la première fois travailler avec mon fils, j’ai immédiatement pensé que l’endroit était idéal pour mettre de la vigne. C’était il y a 3 ou 4 ans à peu près. Plus tard, en 2018, en faisant du vélo, je suis passé devant le vignoble de Christian Balduyck à Glabais, je le connais depuis plusieurs années par mon travail et je me suis arrêté pour bavarder. Christian m’a expliqué qu’il vendangeait, mais qu’il ne vinifiait pas lui-même. Cette partie-là était alors assurée par Jean-François Baele du Domaine du Ry d’Argent.

Cela a été le déclic, c’était le chaînon manquant. Nous avons proposé à Hervé de créer un vignoble, il nous a répondu qu’il en avait toujours rêvé mais qu’il attendait que quelqu’un le lui propose… Ses consignes furent claires: « vous faites tout ce que vous voulez chez moi mais je ne dois pas y travailler manuellement… »
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De gauche à droite: Michel Bulteel, son fils Martin, Edith Georges, Monique Bulteel et Hervé Vanden Waeyenberg – © Vanel..

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Sols variés

idéalement exposé, bien drainé, avec des lignes de 207 mètres de long écartés de 2,20m pour une meilleure ventilation, le vignoble allie deux types de sols : “Nous sommes ici entre deux étages géologiques, explique l’ingénieur agronome, le lédien avec quelques galets roulés sur le dessus et le bruxellien dans le bas, plus sableux, mais comme partout dans le Brabant wallon, avec une bonne part de limon.

C’est un terroir qui se prête parfaitement à la vigne, avec une belle pente descendant de 120 à 100m d’altitude, avec la particularité d’avoir des roches calcaires dans le fond de la parcelle.

On démarre avec deux hectares pour voir ce que cela donne, et même s’il y a de belles terres en réserve, on se rend déjà compte qu’au niveau du travail dans un vignoble, la différence entre théorie et pratique est énorme…”

Le bio n’est pas au programme, mais l’équipe entend faire “le plus naturel possible”.

“Nous voulons a priori faire des effervescents, mais on verra quand on aura goûté les premiers jus… Nous sommes restés dans les cépages classiques, Chardonnay et Pinot noir, surtout pour des raisons commerciales, car ce sont des variétés dont le nom et le goût sont connus du grand public. Nous voulons produire les choses dont nous avons vraiment envie. Nos mots-clés sont plaisir et famille.”

Sur YouTube

Conseillé par Jean-François Baele et le pépiniériste Carlo Faber, Michel Bulteel s’est inscrit comme membre au domaine W ainsi qu’au Bois des Dames à la Hulpe, histoire d’apprendre le métier avec les vignerons.

“Cela va venir avec le temps, déclare-t-il. Puis je regarde tous les soirs des films sur YouTube que certains vignerons français mettent en ligne sur le travail de la vigne, c’est très intéressant. Cela permet d’apprendre, on échange tout le temps. On va mettre tout cela en pratique à présent. Nous approchons, Monique et moi, de l’âge de la retraite, ce sera une belle activité pour nos prochaines années… Nous le faisons aussi pour nos enfants et petits-enfants…”

Enfin, signalons que le nom du vignoble “Clos d’Argenteuil” est en cours d’enregistrement mais qu’il existe encore un risque de refus, car il y a deux autres “Argenteuil”, en France et au Canada, mais où on ne produit pas de vin…

Coordonnées et contact : Drève de l’Eglise de Fer 6 à 1380 Lasne, Michel Bulteel : info@ortipro.be • Le site web est en préparation, suivez la page Facebook du domaine: ICI.

Marc Vanel, 05/08/20