Institué en 1883 pour récompenser les personnes ayant rendu services à l’agriculture, l’Ordre du mérite agricole est une distinction qui a énormément de prestige en France, mais qui demeure relativement inconnue en Belgique.

On compte pourtant quelques noms prestigieux parmi ses membres, comme par exemple Louis Pasteur, Bernard-Nicolas Aubertin (qui relança la culture de la vigne à l’abbaye de Lérins), des sommeliers très actifs dans l’Hexagone  (comme mon camarade Emmanuel Delmas), ou, plus récemment, Lydia et Claude Bourguignon, des ingénieurs agronomes connus pour leur expertise des terroirs agricoles et viticoles, pour ne citer que ceux-là.

La médaille de Chevalier du Mérite agricoleC’est donc avec beaucoup de surprise que j’ai appris que le ministre (français) de l’agriculture, Stéphane Le Foll, se proposait de m’élever au grade de « Chevalier dans l’Ordre du Mérite agricole » pour mon travail de promotion des vins et vignobles français. On est d’abord « Chevalier », puis minimum 5 ans  plus tard, « Officier », puis « Commandeur ».

Voyant l’engouement que suscitait cette nomination parmi mes proches, j’ai accepté bien évidemment la proposition initiée et relayée par Business France.

La remise de médaille s’est faite ce lundi 23 janvier 2017, la cérémonie était conduite par madame l’Ambassadeur de France en Belgique, Mme Claude-France Arnould. Quatre autres personnes ont été distinguées en même temps que moi, trois acheteurs vins – Francis Lerminiaux (Carrefour), Jean-Christophe Verschelde (Colruyt), Jean Bouhon (Cinoco/Palais du Vin) – et Herman Versteijlen (ex-fonctionnaire européen dans ces matières).

Voici en toute modestie, la circonstance ne se prêtait pas à de grands envolées lyriques, le texte du discours que j’ai prononcé ce jour-là. Merci à celles et ceux qui ont assisté à la cérémonie.

Madame l’Ambassadeur,
Mesdames, messieurs,
Chers amis, confrères et famille,

C’est évidemment pour moi un grand honneur d’être décoré de l’Ordre du Mérite agricole aujourd’hui, même si je dois avouer que s’il y a bien une chose à laquelle je ne m’attendais pas dans ma vie, c’est de recevoir une décoration pour mon travail de journaliste!

J’ai commencé à écrire des articles en 1980, dès le début de mes études. Depuis, même si j’ai exercé aussi d’autres métiers dans la communication, j’ai écrit sur le cinéma, la bande dessinée, la culture, l’environnement, des tas de sujets, mais écrire sur le vin et les vignerons est sans aucun doute l’un des plus grands plaisirs de ma vie, et ce n’est pas aujourd’hui que je vous dirai le contraire.

Plaisir de la dégustation bien sûr, mais plaisir de la rencontre surtout avec des vignerons passionnés dont le travail n’est pas toujours simple et qui doivent s’accommoder des caprices de la Nature. Visiter leurs vignobles et leurs caves, déguster avec eux, partager leurs réussites et déceptions ou apprendre les terroirs sont des expériences souvent inoubliables qui débouchent aussi parfois sur une véritable amitié.

Le vin, je ne vous apprends rien, est un élément central de notre culture occidentale mais aussi universelle. On le trouve aux quatre coins du monde et, où que ce soit, on retrouve la même passion, le même plaisir du partage. Tous n’ont malheureusement pas cette même vision culturelle et voient dans le vin un puissant incitant à l’alcoolisme et tentent alors d’interdire toute publicité pour le vin ou toute promotion du vin dans la presse.

Loin de moi l’idée d’entamer ici un vaste débat sur ce sujet éminemment politique qui renvoie à une vision sociétale qui n’est pas la mienne, mais j’aimerais dire que nous n’avons pas pas besoin d’interdiction, mais bien d’éducation au vin. Pour toutes et tous et dès le plus jeune âge. Certains l’ont compris, notamment en Espagne où l’on initie les enfants à une consommation responsable dans les écoles.

Ces démarches d’information et de formation sont selon moi totalement indispensables et devraient être généralisées, tant en France qu’en Belgique, pour lutter contre le binge-drinking qui frappe durement les jeunes dès 15 ou 16 ans mais qui, et cela doit être souligné, ne se fait pas avec du vin.

Notre savoir-faire doit se déguster avec sagesse, il est bon de l’enseigner, aussi aux jeunes générations…

On doit, paraît-il, une des citations les plus populaires sur le vin à Salvador Dali, qui aurait dit « Qui sait déguster ne boit plus jamais de vin, mais goûte des secrets. » On ne saurait mieux résumer ma propre passion pour le divin breuvage. Après 37 ans de journalisme, je formule donc le vœu de continuer à écrire encore pendant quelques années pour vous transmettre quelques-uns de ces secrets… A votre santé !

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