Cap sur Tubize et le Domaine W, un tout jeune vignoble qui vise la biodynamie !

En Belgique, peu de vignobles sont certifiés bio. Sauf erreur, seul Hugo Bernar à Tirlemont détient le fameux label européen. D’autres comme Vin de Liège, Bioul ou Septem Triones cultivent bio, voire en biodynamie, mais sans être certifiés pour autant par un organisme officiel. C’est pourtant dans cette direction que s’est résolument engagée Sophie Wautier : elle a planté 2,5 hectares de vignes en 2016 et 2017 sur les terres de la ferme familiale à Saintes, dans la commune de Tubize.

Son histoire n’est pas banale, car même si cette jeune vigneronne de 37 ans débute, elle a déjà plusieurs années de viticulture à son actif, mais… en Autriche. Psychothérapeute, elle quitte la Belgique en 2012 pour suivre son mari envoyé par sa société en Autriche. Avant de se marier, le jeune couple avait réfléchi à son plan de vie et surtout à la vie qu’il souhaitait offrir à ses futurs enfants. L’opportunité de reprendre à terme la ferme familiale de Saintes (30 hectares de cultures et du bétail) étant bien réelle, la viticulture semble être une bonne piste d’avenir, du moins à leur retour.

Installé pour quelques années à Wagram, dans le Weinviertel, la plus grande région viticole d’Autriche, le jeune couple achète une parcelle de 20 ares et décide d’y planter des vignes de Grüner Veltliner, un cépage blanc de qualité, et de commencer à travailler en biodynamie. “Même si c’était du boulot et à petite échelle, se souvient Sophie, on a vu qu’on était capable de le faire. Le seul regret est de n’avoir pas encore pu vinifier, puisque la première vendange n’aura lieu que cette année. La vigne a été reprise par des amis et un contrat a été passé avec un vigneron local pour vinifier, et nous aurons quelques bouteilles.”

Biodiversité

Si le vin autrichien sera du blanc tranquille, le projet belge est tout différent. Inspirée par la réussite des grands domaines producteurs de bulles, Sophie Wautier réunit une vingtaine d’associés, des membres de la famille et des amis, au sein d’une nouvelle sprl avec un capital de départ de 500.000 euros et commence à planter… des arbres et des arbustes en 2015. D’une part pour assurer la biodiversité du futur vignoble, d’autre part pour protéger le site contre les grands vents.

 

A quelques minutes de la drache nationale

A quelques minutes de la drache nationale

 

Après analyse des sols, les premières vignes sont plantées en 2016, puis en 2017 ; et c’est bien sûr les trois cépages principaux du champagne : le Pinot noir, le Pinot meunier et le Chardonnay. Le vignoble compte déjà 2,5 hectares et sera agrandi à 4ha l’an prochain, le tout côtoyant un hectare de pré fleuri. Objectif : produire 20.000 bouteilles de bulles. “Notre volonté n’est pas d’avoir 30 hectares, même si nous pourrions monter à 10, mais nous voulons viser la meilleure qualité en bio. Le vignoble est en cours de certification via Quality Service, délégué par Demeter France, et nous sommes également conseillés par Jacques Melle, une pointure de la biodynamie à Reims ainsi que par le Champagne Francis Boulard.”

Bienvenue au club

En novembre dernier, Sophie Wautier a également mis sur pied le “Club W” afin de créer une communauté autour du produit avant que celui-ci ne soit disponible. Selon la cotisation réglée – 500, 1000 ou 3000 euros –, les membres ont accès à des apéros mensuels, à des initiations au travail de la vigne et de vinification, à des visites-dégustation, etc. Et la cotisation sera remboursée en bouteilles… Le prochain événement sera une dégustation de mousseux belges le dimanche 27 août toute la journée. L’occasion de découvrir ce beau projet et, qui sait ?, de devenir membre ?

Infos : domaine-w.be

Article paru dans la Dernière Heure le dimanche 16 juillet 2017 sous ma signature.

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