Tous les professionnels du secteur des vins et spiritueux l’affirment clairement: la hausse des accises décidée par le gouvernement Michel en 2015 a porté un coup mortel au secteur en 2016 et n’a aucunement rencontré sa cible. Copie à revoir!

Près de 40% de ventes de spiritueux en moins chez Colruyt, annonce ce jour Michel Lauwers dans l’Echo, précisant dans le même article que Diageo, premier producteur de spiritueux mondial, a retiré son siège de Bruxelles (pour le Benelux) et l’a transféré à Copenhague. Certains diront que les Belges boivent donc moins, et que l’objectif de santé publique visé aussi par cette hausse d’accises est donc atteint, mais ce n’est pas du tout cela. La consommation ne se porte pas plus mal, ne s’est pas déplacée des alcools les plus frappés par cette taxe sur d’autres boissons, mais les achats se font tout simplement hors de nos frontières.

Le Luxembourg, le nord de la France et les Pays-Bas ont bénéficié très largement de ce déplacement d’achats, une bouteille d’alcool pouvant en effet coûter dix euros de moins hors du pays. De grandes surfaces comme Cactus et Auchan l’ont bien compris, ces derniers faisant de la pub jusqu’à Anvers… Et les particuliers ne sont pas les seuls, il semble bien que les patrons d’établissements horeca font de même. Résultat: une baisse des ventes de spiritueux en Belgique de l’ordre de 14 millions de bouteilles en 2016 sur des ventes habituelles de 70 millions…

Si l’Etat espérait engranger près de 212 millions d’euros de recettes supplémentaires, il semblerait que celles-ci ne seront que de… 51 millions.  Cité par Michel Lauwers, Dirk Van Ham, directeur pour les relations corporate en Europe du Nord de Diageo, relève également que « la hausse des accises sur le vin a permis d’atteindre 63% de l’objectif fixé par le gouvernement, celle dans la bière 14% et celle dans les spiritueux 5%. (…) Le segment du vin a produit trois quarts de la hausse (des 51 millions), celui de la bière 19% et les spiritueux à peine 5%. C’est paradoxal puisque la plus forte hausse des accises avait été réservée aux spiritueux. (…) La hausse des accises sur le vin a permis d’atteindre 63% de l’objectif fixé par le gouvernement, celle dans la bière 14% et celle dans les spiritueux 5% ».

Enfin, les achats à l’étranger ont entraîné une perte de 73 millions d’euros de recettes TVA, ce qui ferait donc si on déduit ce montant des rentrées réellement enregistrées, une perte de 22 millions dans l’opération. Difficile certes pour le gouvernement de faire marche arrière, mais c’est pourtant la seule manière d’épargner la profession. La mort ou le déshonneur?

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