Le 7 mars dernier, l’UGCB a présenté à Bruxelles sa traditionnelle dégustation annuelle dans une nouvelle formule plus dynamique et, pour la première fois, ouverte en soirée aux jeunes.

Créée en 1973, l’Union des Grands Crus de Bordeaux rassemble les représentants de 133 crus classés ou non, ayant en commun une même exigence qualitative, et provenant uniquement des « appellations les plus nobles de la Gironde », du Médoc, des Graves et Pessac Léognan, de Sauternes et Barsac, de Saint-Emilion et de Pomerol. Les vignobles des membres représentent quelque 5.000 hectares sur les 120.000 du Bordelais, soit à peine 4% mais une véritable vitrine pour la région.

Chaque année, l’UGCB vient présenter à Bruxelles le nouveau millésime qui vient d’être mis sur le marché, en l’occurrence, le 2014. Un millésime que d’aucuns attendaient au tournant car si 2012 n’a pas été formidable, 2013 a été franchement catastrophique (à part quelques rares exceptions) avec des conditions climatiques désastreuses, certains préférant même réserver leurs vins au vrac.

 

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« 2014, assure le président de l’UGCB Olivier Bernard, est un super millésime, comparable au 2008, à acheter et à consommer dès aujourd’hui, avec un excellent rapport qualité/prix », assurant que nombreux étaient les grands crus à moins de 20 euros et la moitié à moins de 50 euros. « Ce sont des vrais Bordeaux, puissants mais charmants, même si quelques-uns ont été ramassés trop tôt. » Poursuivant ses explications, Olivier Bernard annonce « un 2015 comparable à 2009 (avec toutefois beaucoup d’alcool), et un 2016 similaire au 2010, assez classique, plutôt tardif avec de belles acidités, de la concentration et de la puissance ». ce serait même selon lui « le plus beau vin des 50 dernières années ». Nous vérifierons cela lors des Primeurs début avril.

Pour le président de l’UGCB, il faut aujourd’hui sortir du « bordeaux bashing » et « renouveler les amateurs de vin en dynamisant les vins de Bordeaux auprès des jeunes ». Interrogé sur les pistes à suivre, Olivier Bernard n’évoque toutefois que le relooking du graphisme du Week-end des Grands Crus à Bordeaux et clame que « Bordeaux a des vins modernes », mais encore faut-il le faire savoir… Il faudrait plutôt, notamment, former les jeunes sommeliers belges aux vins de Bordeaux car ils s’en sont fortement éloignés ces dernières années, et offrir des prix plus abordables. Si Olivier Bernard trouve normal qu’un vin à 15 euros passe à 25 euros lors d’un bon millésime, nous avons la faiblesse de croire que c’est la démarche inverse qui devrait être effectuée et le prix diminuer lorsque le millésime est plus faible.

En 2009 et en 2010, quelques grands crus sont sortis à des prix incroyables donnant une image inaccessible, voire prétentieuse, de Bordeaux. Heureusement, le 2014 devrait aider à redresser cette image, car manifestement, il offre des vins relativement souples, moins boisés que ceux des millésimes précédents, qui indiquent que des efforts ont clairement été faits pour maîtriser le taux d’alcool et explorer de nouvelles techniques de vinification.

Autre élément plus que positif : cette dégustation a été marquée par la présentation au moment du lunch de magnums de vieux millésimes qui ont prouvé à l’envi que les vins de Bordeaux ont des qualités incomparables et surtout qu’il peuvent vieillir quinze ou vingt ans sans prendre une ride. Riche initiative de la part de l’UGCB, à refaire sans aucune hésitation.

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Voici une sélection des vins très appréciés dans cette dégustation, dans l’ordre des préférences et par appellation :

Pessac-Léognan et Graves blancs

  • Ch. Chantegrive : agréablement frais
  • Ch. de Chevalier : direct et vif, expression du terroir, finale sur les agrumes, assez tendu
  • Ch. Larrivet Haut-Brion : vif, finale fraîche et grasse à la fois
  • Ch. Malartic-Lagravière : beaucoup de volume, légère astringence, très agréable
  • Ch. Smith Haut Lafitte : attaque vive, élégance, minéralité, fraîcheur, épices du bois, un vin de garde

Pessac-Léognan et Graves rouges

  • Ch. Les Carmes Haut-Brion : tout simplement le meilleur de la dégustation (toutes appellations confondues), rond, puissant, complexe et structuré mais aromatique, tannins équilibrés, fraîcheur
  • Ch. La Louvière : équilibré, prêt à boire
  • Ch. de Chevalier : harmonieux, belle concentration, épices
  • Ch. Malartic-Lagravière : harmonieux et frais
  • Ch. Olivier : nez superbe, riche et épicé, vin de garde

Haut-Médoc

  • Ch. Citran : pas trop boisé, élégant et agréable
  • Ch. Cantemerle : changement de style, juteux et fruité
  • Ch. Belgrave : beaucoup de charme, tannins puissants
  • Ch. de Lamarque : joli, pas trop chargé

Moulis

  • Ch. Poujeaux : juteux et concentré

Margaux

  • Ch. Marquis de Terme : fruit parfait, fine trame tannique
  • Ch. du Tertre : une vraie réussite, parfait
  • Ch. Siran : très belle expression du Cabernet

St-Julien

  • Ch. Saint-Pierre : joli fruit, bien noué
  • Ch. Talbot : vif et épicé

Pauillac

  • Ch. Clerc-Million : épicé et expressif
  • Ch. Haut-Bages-Libéral : belle attaque, beaucoup d’extraction

Saint-Estèphe

  • Ch. Lafon-Rochet : énorme concentration

Pomerol

  • Ch. Clinet : un vin au caractère bien trempé et un grand potentiel de garde

Saint-Emilion

  • Ch. Balestard-la-Tonnelle : souplesse, puissance, épices, tannins, belle mise en avant du fruit
  • Ch. La Dominique : frais avec des tannins croquants
  • Ch. Larmande : très réussi avec un fruit très expressif
  • Ch. Villemaurine: souple, un style contemporain

Dégustation effectuée en compagnie de Dirk Rodriguez / De Morgen, DM Vino.

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