Après 20 ans de revendications, les vins d’Île-de-France obtiennent leur IGP. Une vingtaine de petits vignobles sont concernés à Paris et environs.

L’annonce a été relayée par le site de France 3-Paris/Île-de-France le week-end dernier, les vignes de Paris et environs viennent d’obtenir une « Indication Géographique Protégée – IGP » qui doit encore être validée au niveau européen. Englobant le bassin parisien, l’Île-de-France est est l’un des plus petites régions françaises, mais la plus importante en population. Elle accueille en effet plus de 18% de la population française et représente quasiment 29% de son produit intérieur brut (PIB).

Tout comme la Belgique au Moyen-âge, les alentours de Paris ont connu divers vignobles au fil de leur histoire, vignobles que des amateurs éclairés tentent de faire revivre depuis une trentaine d’années pour les plus anciennes parcelles. Le plus connu est le vignoble de Montmartre qui organise chaque année une fête des vendanges en grandes pompes.

Mais il n’y a pas que Paris, on trouve aussi des vignobles sur plusieurs coteaux autour de la capitale française, dont ceux de Suresnes-Mont-Valérien à l’ouest de Paris et du Bois de Boulogne où l’Association du Clos du Pas Saint-Maurice entretient depuis 1984 le plus grand vignoble de la région et produit environ 4500 bouteilles par an. Toutefois, si l’on dénombre entre 25 et 30 vignobles, le nombre de pieds dépasse rarement les 500.

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Les vignes du Sausset sont gérées par le Conseil général de Seine-Saint-Denis, qui fait déguster les vins lors de manifestations.

Les vignes du Sausset sont gérées par le Conseil général de Seine-Saint-Denis, qui fait déguster les vins lors de manifestations (extrait du site web)

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Plusieurs territoires situés hors de la région vont également bénéficier de l’IGP, car ils correspondent à l’Ile-de-France viticole historique, comme les Coteaux de Blunay, ceux d’Acy ou de Provins, a précisé Patrice Bersac, président du Syndicat des Vignerons d’Île-de-France (SyVIF) à France Bleu Paris lors de Wine Paris. « Le 22 janvier, l’institut national des appellations d’origine (INAO) et de la qualité nous a signifié que la procédure de publication d’arrêté de l’homologation allait être bientôt signé. Nous pensons que cela sera fait dans quelques semaines« .

Comme le précise le cahier de charges (disponible ICI, « l’indication géographique protégée “Île-de-France”» peut être complétée par le nom d’un ou de plusieurs cépages (…), par les mentions “primeur” ou “nouveau”, “sur lie” (ou) par le nom des unités géographiques plus petites suivantes (…) : Coteaux de Suresnes-Mont-Valérien, Coteaux de Blunay, Coteaux d’Acy, Coteaux de Provins ou Paris. »

Mais le plus original réside dans les cépages autorisés : il y en a effet 37 cépages blancs, 3 gris, 30 noirs et 5 rosés, soit 75 variétés !! Parmi celles-ci, on trouve de l’Aubin vert, du Chasan, du Gringet, du Précoce de Malingre, du Rayon d’or pour les blancs, ou encore de l’Egiodola, du Joubertin, du Noir Fleurien ou du Villard noir pour les variétés rouges. Mais où sont-ils allés cherchés tout cela ? Un fameux patrimoine en tout cas, qui semble productif, car le rendement a été limité à 100hl/ha par le cahier de charges…